15/08/2004

Oops, I did it again !

Bon bah, ça fait deux semaines que je suis revenu en France, que j’ai fait un peu le foufou un peu partout avec un peu tout le monde et que j’ai quelque peu négligé ma bergerie : résultat, elle s’est écroulée et tous les moutons sont morts la bouche ouverte. C’est bêêête.

Plus sérieusement, vu qu’on n’est quand même pas là pour faire de l’humour pas drôle qui ne fait rire personne, Damned a perdu toute raison d’exister depuis la fin de mon stage et mon départ de la pas si perfide que ça Albion et donc ce post, que je suis en train d’écrire et que tu es en train de lire, est le dernier que tu pourras lire ici. Oui, je sais, c’est dur à admettre, mais c’est comme ça, il faudra t’y faire. Je sais que tu vas sûrement continuer à venir musarder dans le coin, espérant trouver quelques menues miettes de ma vie merveilleuse de temps en temps, mais je tiens à te prévenir que tu risques d’être déçu. Damned, c’est fini. It’s over, never, ever, forever.

Je te donnes donc rendez-vous sur Saperlipopette, a priori pas avant début octobre, vu que là, je m’envole demain pour l’Inde où je vais avoir autre chose à faire pendant un mois que de poster et qu’après, il faudra que j’aille boire du champagne et peut-être aussi faire les vendanges et que j’aurai donc encore autre chose à faire que de poster. Oui, j’ai une vie incroyablement remplie d’une exaltation perpétuellement renouvelée, je le sais. C’est parfois assez dur à gérer, mais je fais de mon mieux…

En attendant, je t’embrasse sur la fesse gauche et te souhaite plein de joie et de bonheur dans ta vie.


Ce magnifique post t'est offert par Bitorigolo @ 13:54



03/08/2004

I will not be back

Voilà. Je suis de nouveau en France depuis hier soir et cette fois, c’est pour de bon. J’y suis, j’y reste. Et contrairement à ce que je pensais il y a encore quelques mois, l’Angleterre et ses vicissitudes me manquent déjà.

Hier, par exemple, on était mardi et je ne suis allé ni à ma séance de cinéma indien à £3,5, ni à un match de foot. Et aussi incroyable que cela puisse te paraître à toi, lecteur assidu et bien aimé, qui sait que je suis un fan de la première heure des production Bollywoodiennes, je crois que des deux, c’est le match de foot qui m’a le plus manqué. Moi, le roi incontesté des pourfendeurs du ballon rond et de ses fantasques fanatiques, moi, l’exècreur des soirées pizza-bière-foot, considérées il y a encore peu comme l’absolu de la beauferie la plus méprisable, moi, le joueur le plus mauvais du monde, moi, Bitorigolo, j’ai non seulement participé à de telles soirées de dépravation intellectuelle pendant la coupe des Champions puis pendant la coupe d’Europe mais j’ai aussi joué au foot, avec mes propres pieds (gauches) et même parfois ma tête (pas toujours adroite) et, je dois bien l’avouer aujourd’hui, j’ai overkiffé !!! Parce que bon, le truc, c’est que jusque là, j’ai toujours joué avec des gens d’une étroitesse d’esprit assez peu ouverte, qui ne comprenaient pas qu’on puisse prendre la chose autrement que le plus sérieusement du monde. Or, moi, comme je suis relativement beaucoup nul, j’ai la fâcheuse tendance à en rire et à en rajouter un peu (car comme l’a dit Lao-Tsu, « Heureux celui qui sait rire de lui-même, car il n’a pas finit de se marrer »), ce qui, auprès des putrides puristes, passe assez mal. J’étais donc relégué sur le banc des remplaçants, mis au ban du terrain de foot. Et du coup, je me marrais beaucoup moins. Mais là, avec mes petits camarades de jeu, je pouvais laisser libre court à mes facéties burlesques et cocasses sans risquer le lynchage. Et du coup, je me marrais comme un p’tit foot. J’ai même fait des progrès phénoménaux en seulement quelques matchs et je pense qu’avec encore un peu d’entraînement, j’aurai facilement put devenir le nouveau Thierry Henry d’Arsenal, le Frenchie adulé par cette joyeuse populace que j’ai autrefois honni. Ça aurait été trop cool. Mais là, avec mon retour en France, ma carrière footbalistique s’est arrêtée en plein essor, à mon grand dam et à celui d’une nation qui se prêtait déjà à rêver de mes exploits inénarrables. Dommage…

La bouffe anglaise va aussi cruellement me manquer. Pas sur le plan gustatif, ça c’est sûr, vu qu’on fait difficilement pire que les sausage rolls ou que les cottages pies, mais sur le plan humoristique. Car tels de Figaro de la gastronomie, nous préférions nous rire de tout de peur d’avoir à en pleurer et la malbouffe anglaise était du coup prétexte à un nombre de blagues tout simplement ahurissant. La cantine de Renault était, pour les stagiaires français, le théâtre d’une représentation quotidienne, sans filet ni didascalie, un match d’impro où chacun y allait de ses commentaires désobligeants et dégoûtants, le but du jeu étant de couper l’appétit même aux plus aguerris (ceux qui mangeait des mince pies sans sourciller) ou aux plus couards (ceux qui ne mangeaient que des sandwichs) Et bizarrement, les mots qui revenaient le plus souvent était vomi et mort. Je pense très sincèrement qu’en sept mois de cantine, j’ai facilement dû perdre sept ans d’espérance de vie. Heureusement donc, que j’ai beaucoup rigolé à ce sujet là, car comme l’a dit Lao-Tsu, « Cinq minutes de rire par jour, c’est bon pour la santé » (ou un truc dans le genre) et que je pense avoir annulé de ce fait les effets dévastateurs des beef minces…

Les Anglais aussi étaient assez marrants. Toujours retors, jamais francs, j’adore, vraiment. Mon boss, cette frêle petite personne sans trace de la moindre honnêteté intellectuelle est tout simplement méprisable. Et je l’ai d’ailleurs méprisé. Autant que lui a dû me mépriser peut-être. Je dois bien admettre qu’ un stagiaire qui bosse avec neuf pages Internet ouvertes tout en écoutant de la musique au casque, c’est pas vraiment au top du sérieux et du professionnalisme. Mais j’ai au moins eu le courage de ne pas le remercier en partant. Il n’avait qu’à me filer du boulot, ce petit con. Alors que lui s’est permis d’écrire sur mon appréciation de stage que mon apport à l’entreprise avait été excellent. Enculé de faux-cul ! Alors attention, je ne dis pas que tous les Anglais sont à l’image déplorable et détestable de mon boss, mais il est clair qu’ils prennent tous des chemins incroyablement détournés pour asséner la moindre vérité, même la plus infime. Et donc, quand une personne un tant soit peu directe leur sors les choses de façon claire et spontanée, bah forcément, ça les surprends. Et c’est tellement marrant de voir cette non-étincelle d’incompréhension dans leur regard fuyant, ce vide incommensurable qui trahit comme jamais le sentiment de perte de repère totale qu’ils éprouvent face à une situation qu’ils ne savent pas gérer. Un must en matière de choc des cultures ! Mais sinon, les Anglais, ils sont aussi super sympas, je tenais juste à le préciser…

Une dernière chose typiquement anglaise qui va sérieusement me manquer, c’est le pub. Parce que très franchement, en matière de saoulerie enrichie en olirigolo-éléments, le pub est quand même au top du top. Pour ceux qui ne seraient jamais allé dans un pub (bouh, les nuls qui puent du cul), c’est généralement un endroit tout boisé et moquetté, assez sombre et rempli de poivrots qui devisent tranquillement autour d’une pinte ou qui jouent aux fléchettes ou au pool avec leur(s) pinte(s) à la main. J’ai bien conscience que c’est un peu cliché, voire franchement stéréotypé, mais tous les pubs que j’ai fait correspondent plus ou moins à cette description. Et même si certains ont l’air un peu glauque au premier abord, voire au deuxième, et même au troisième maintenant que j’y pense (désolé, à chaque fois je la fait, je ne peux pas m’en empêcher, démon de la blague de merde à répétition, sors de mon corps !!) bah au final, on s’y sens un peu comme chez soi. Je ne veux pas dire par-là que chez moi, c’est tout boisé et moquetté, assez sombre et rempli de poivrots qui devisent tranquillement autour d’une pinte ou qui jouent aux fléchettes ou au pool avec leur(s) pinte(s) à la main, mais c’est juste que c’est une ambiance très conviviale et qu’on s’y sens rapidement très à l’aise, un peu comme chez soi en fait. D’ailleurs, dans ces lieux de déréliction neuronale, l’usage est de payer sa tournée. Pas de petit coup en solitaire comme en France. Chacun paye à tour de rôle pour toute la tablée. Et ça, moi, je trouve ça carrément bon esprit (même s’il y a toujours des rats pour attendre que tout le monde soit bourré pour se casser en douce sans avoir payer leur coup, qu’ils aillent au diable ces ingrats, je n’ai même pas une once de mépris à leur offrir) Et puis je ne sais pas pourquoi, mais dans un bar, en France, j’ai quelques scrupules à me mettre une race/ruche/rouste/mine (bouh, je croyais que je connaissais plus de synonymes, je suis déçu) Mets ça sur le coup des prix prohibitifs, de la pression sociale ou de la langue de Molière, mais toujours est-il que je n’ai jamais posé ma galette/quiche (putain, que deux, c’est pas possible, il doit y en avoir plus) à la sortie d’un bar. Je ne pourrai pas dire la même chose des pubs qui sont, je pense, les seuls endroits de beuverie internationale où personne ne te regarde d’un mauvais œil (et encore moins des deux) si tu es saoul à 20h. Il faut dire (et c’est ça que je trouve aussi carrément cool soit dit en passant) que les gens y vont normalement après le boulot, c’est-à-dire vers 17h. Donc trois heures et douze pintes plus tard, la fraîcheur Narta n’est plus vraiment au rendez-vous pour personne. Et ça, c’est vraiment fendard.

Bon, je pourrai encore écrire pendant des heures sur la mode vestimentaire, sur la conduite à gauche (que je continue d’ailleurs à pratiquer un peu ici, j’y ai prit goût finalement), sur la télé, sur le rapport bestial que les Anglais entretiennent avec les buffets à volonté, sur le temps pourri, sur les radars jaunes fluos, sur les tabloïds, sur mon concert magique de Feist à Londres, sur l’absence quasi chronique de mitigeur sur les lavabos, sur les produits végétariens, sur la famille royale, sur les supermarchés, sur le civisme presque teuton et sur plein de petits trucs que j’ai vécu au quotidien pendant sept mois et que je vais un peu regretter mais bon , je sais, tu n’as pas que ça à faire de me lire, tu as une vie, toi, donc je vais juste me permettre de dire que l’Angleterre, c’est super sympa, que je ne penserai peut-être pas ça s’il n’y avait pas eu avec moi une poignée de Frenchies au top du top, que j’ai donc finalement une vision un peu biaisée de l’Angleterre (non, ce n’est pas un gros mot) mais que bon, de toute façon, toute expérience n’est que le fruit de rencontres fortuites et plus ou moins agréables à un moment t et à un endroit e et que du coup, tu vas pas me faire chier, tout est biaisé, mais bon, ce que je sais, c’est que je ne sais rien, si ce n’est que cette expérience personnelle là, qui est la mienne et qui vaut ce qu’elle vaut, je vais m’en souvenir longtemps… End of the story.


Ce magnifique post t'est offert par Bitorigolo @ 23:37